dimanche 30 août 2015

Avertissement

Normalement, dans un blog, les articles les plus récents sont ceux qui apparaissent en premier, les plus anciens étant accessible à la fin par un menu déroulant.
Par contre, pour faciliter la lecture, les articles de ce blog, maintenant terminé, sont classés par ordre chronologique.
Pour cela, les dates d'édition ont été modifiées, les articles plus anciens devenant les premiers à la lecture. Ce qui fait que la mention de bas de page "articles plus anciens" renvoie en fait aux articles plus récents, de même pour les archives du blog dans la barre latérale droite.

L'introduction de Jean-Marie Mengin


GR 9

Sentier Jura – Côte d’Azur

(Saint-Amour – St-Pons-les-Mûres)

-918 km-



Le GR 9 relie le Jura à la Côte d’Azur. Provenant de Saint-Amour, dans la plaine de Bresse, il traverse le massif du Jura d’ouest en est puis vers le sud. Il s’attaque ensuite aux Alpes par les Préalpes du Nord (massifs de Chartreuse et du Vercors), les Préalpes du Sud (Diois, Baronnies, Ventoux, plateau de Vaucluse, Lubéron, montagne Sainte-Victoire, massif de la Sainte-Baume). Il se termine dans le massif des Maures, au bord de la Méditerranée.
Il traverse les parcs naturels régionaux du Haut Jura, de Chartreuse, du Vercors et du Lubéron.

J’ai parcouru ce sentier de novembre 1999 à avril 2007, seul, de temps en temps avec Oscar (surtout au début), et retrouvant Viviane aux étapes.

J’ai effectué cet itinéraire d’abord comme sentier de proximité d’un jour ou d’un week-end dans sa traversée du Jura où nous habitions alors. Je l’ai pratiqué  par périodes plus longues d’une semaine ou plus, dans sa traversée des Alpes et des Maures.


Lundi 1er novembre 1999 : Saint-Amour – Saint-Julien-sur-Suran.

C’est à Saint-Amour (département du Jura) que débute le GR 9.
Dans la plaine de Bresse, au pied du Jura, c’est l’une des plus anciennes cités de Franche-Comté (connue depuis le VIe siècle).
Le GR 9 commence à la gare et traverse toute la cité d’ouest en est. Il gagne Allonal, un hameau fleuri.
Avec notre chien Oscar, un jeune golden retriever, je commence à marcher dans la matinée sur les flancs du Revermont, bordure viticole occidentale de l’escalier du Jura.
Dans un premier temps, le GR 9 va, d’ouest en est, monter des plaines de la Bresse jusqu’aux plus hautes cimes séparant la France de la Suisse.
Il fait une douceur exceptionnelle en ce jour de la Toussaint. Nous gagnons Villette puis Nanc-lès-St-Amour, sur les premières collines du Revermont. Vue sur la Bresse. Nous longeons l’église St- Martin, monument historique, et le château du XIVe siècle.
Le GR grimpe alors rudement en forêt. Le balisage blanc et rouge, ancien, laisse à désirer. Le GR 9 rejoint au sommet du plateau (523 m) le GR 59. En un parcours commun, les deux GR atteignent les ruines de Bellevue et poursuivent jusqu’à un abri forestier où ils se séparent. Le GR 9 continue vers l’est en forêt et débouche sur Thoissia, en Petite Montagne.
La Petite Montagne : ce petit pays, à l’écart des routes fréquentées, entre Revermont et vallée de l’Ain, est formé d’anticlinaux et de synclinaux, plis parallèles séparés par des dépressions, à l’instar des hautes chaînes du massif.
Oscar et moi traversons le village et par la route gagnons un premier chaînon que nous allons attaquer dans sa largeur jusqu’à Andelot-Morval. Nous contournons les murailles du château d’Andelot, terminé en 1158, dont subsistent un donjon et deux tours du portail. Aujourd’hui c’est une maison d’hôtes raffinée.
On traverse la rue principale du village pour retrouver le Trafic de Viviane, stationné devant une maison. Nous buvons l’apéritif chez un de ses collègues (chasseur !) du bureau de poste d’Arinthod. Puis nous allons manger non loin de là dans le fourgon. S’il n’y avait le vent, nous pourrions nous installer à l’extérieur.

Ensuite, je reprends, seul, mon itinéraire qui grimpe au milieu des buis, omniprésents dans le massif jurassien. Je traverse du nord au sud le bois de Charney, gagne des friches calcaires buissonnantes. A nouveau en forêt, je franchis la Côte Renaud pour atteindre la route départementale qui mène à Saint-Julien.
J’atteins la vallée du Suran, une des deux rivières avec la Valouse qui structurent la Petite Montagne du nord au sud. Au milieu des prés et des pâtures, je gagne le Suran que je franchis sur un petit pont à hauteur d’un ancien moulin. En face de moi, arrivent à ma rencontre Viviane et Oscar.
Ensemble nous gravissons la butte de Saint-Julien-sur-Suran jusqu’au cœur du bourg, chef-lieu de canton, ancien point fortifié au bout d’une crête allongée.

Nous rentrons à Arinthod vers 16h.

*****

Dimanche 21 novembre 1999 : Saint-Julien-sur-Suran – Les-Granges-de-Dessia.

En début d’après-midi, Viviane m’emmène à Saint-Julien, après que nous ayons laissé une voiture aux Granges-de-Dessia.

A 14h, je marche avec Oscar au départ de Saint-Julien.
Le GR 9 fait trajet commun avec le GR de pays Tour de la Petite Montagne qu’il rencontre sur la place principale. Les GR sortent de St-Julien sur des chemins enneigés. Après la D3 St-Julien – Arinthod, ils s’enfoncent dans les prés entre des clôtures. L’épaisseur de neige devient importante. Devant un enclos de chevaux qui viennent faire connaissance avec Oscar, je m’arrête pour chausser mes raquettes de neige.
On gagne la forêt. L’étroit sentier s’enfonce sous le couvert. Oscar s’amuse comme un fou dans la neige. J’évite de le laisser s’éloigner, de crainte qu’il ne débusque un sanglier dont je viens de repérer les traces. A la sortie du bois, nous débouchons dans de vastes prairies immaculées.
A l’entrée de Lains, j’enlève les raquettes pour traverser le village, et on croise à nouveau la route St-Julien – Arinthod. On poursuit sur une petite route revêtue jusqu’à la séparation d’avec le GR de pays.
Le GR 9 traverse des champs et se dirige vers Grand Lancette, un hameau situé au pied d’un nouveau chaînon. Un sentier étroit s’engage entre deux murs de maisons et gravit la côte en pente raide. Les buis croulent sous le poids de la neige. Je chausse à nouveau les raquettes.
On débouche sur une crête à 595 m, dans une prairie. L’épaisseur de neige atteint 70 cm. Oscar peine à avancer dans la neige qui le recouvre partiellement. Le balisage aussi disparaît. Après quelques hésitations, c’est à la boussole que je retrouve la bonne direction, de l’autre côté de la prairie. Encore quelques bosquets, et on arrive à 16h aux Granges-de-Dessia où Oscar retrouve la voiture, stationnée à proximité de la D3.

*****

Dimanche 28 novembre 1999 : Les-Granges-de-Dessia – Dramelay.

Navette avec deux voitures.

C’est avec Viviane et Oscar que je vais effectuer cette courte étape au départ des Granges-de-Dessia.
A 10h du matin, par un beau soleil, nous quittons le hameau sur un chemin agricole qui traverse la combe, se dirige à l’est parmi les prés et les bosquets encore enneigés. Oscar se roule dans la neige.



Dans la Côte, nous bifurquons trop vite dans des pâtures. Il nous faut rebrousser chemin pour atteindre la crête. On va suivre vers le nord la large piste qui se poursuit sur le crêt à travers les pâtures dans les rocailles calcaires, puis sous bois dans les buis, les pins et les feuillus.
Nous atteignons les ruines du château de Dramelay (590 m), un peu en dehors du sentier. Il en subsiste une tour datant du XIIIe siècle, en cours de rénovation par des chantiers de jeunesse. On y trouve l’emplacement du donjon, d’un corps de bâtiments et de diverses fortifications. Belle vue sur la vallée de la Valouse et Arinthod. Le bourg et le château furent détruits par les troupes de Louis XI.
On arrive un peu plus loin dans les vestiges de l’ancien village qui resta habité jusqu’en 1944. Aujourd’hui, ce sont des ruines abandonnées dans la végétation qui a repris ses droits. Une belle chapelle templière est toujours debout, dégageant une atmosphère étrange et pesante. On dit d’ailleurs que cette chapelle médiévale a été rénovée par l’Ordre du Temple solaire, sous le couvert d’une association.
Franchissant la crête, nous descendons le long du versant est, rejoignons un fond de vallée. Par un chemin rural, nous gagnons Dramelay, le village actuel, où nous retrouvons à 11h45 devant la fontaine une de nos voitures.

*****

Dimanche 9 janvier 2000 : Dramelay – Arinthod.

Viviane m’emmène à Dramelay pour 10h.

La neige a disparu. Je quitte Dramelay avec Oscar.
Le sentier traverse un bois et débouche dans des friches où sont postés des chasseurs. Viens, Oscar, on se dépêche !
Un peu plus loin, comme il refuse de passer, je dois balancer Oscar par dessus une rangée de barbelés. On arrive au hameau de Sésigna, lieu d’un fait divers il y a quelques années : prise d’otage de la famille par un homme en cavale…
Traversant à nouveau la D3, on se dirige dans des prairies au balisage incertain. Par une large boucle, on atteint la vallée de la Valouse.
On chemine le long de la rivière où des bûcherons sont occupés à débarrasser la forêt des chablis de la grande tempête de Noël. Oscar se roule dans la boue, mais heureusement la Valouse lui permet d’aller prendre un bain. Le GR 9 rejoint la route dans un grand virage et traverse la rivière à hauteur du moulin d’Arinthod. On longe les bâtiments puis on grimpe dans les buis pour atteindre des prés.
On est là sur le plateau de la Valouse, recouvert par les dépôts de l’ancien glacier jurassien qui descendait des hautes chaînes. Le chemin retrouve la route puis bifurque à travers prés pour gagner Arinthod.
Ancienne cité fortifiée, le village a conservé en partie l’aspect du bourg médiéval : place centrale bordée de maisons à arcades, avec une fontaine datant de 1750. Les fossés comblés sont devenus des jardins.
Contournant le village, Oscar et moi arrivons non loin de la Poste, où habite Viviane depuis 1993. Nous rentrons à 12h15 à la maison. Nous allons y passer l’après-midi.

*****

Dimanche 13 février 2000 : Arinthod – vallée de l’Ain.

Je quitte la Poste à 13h45 avec Oscar, pour grimper vers l’est au-dessus d’Arinthod, sur les flancs rocailleux et arides du dernier plissement oriental de la Petite Montagne.
Recoupant de nombreuses fois la D3, le GR 9, sous une pluie fine, chemine dans les buis et les genévriers, grimpe sur les hauteurs du cirque de la pierre Enon et continue dans les bois pour rejoindre une combe parallèle. Les chemins sont boueux. A hauteur de la Grosse Ferme, on grimpe à nouveau vers un crêt. Il pleut toujours. Les buis sont couverts de lichens.
A une altitude de 616 m, le GR 9 rencontre encore le GRP de la Petite Montagne. On domine la vallée. Quelques centaines de mètres plus loin, le GR 9 dévale en lacets puis arrive à Menouille, dans la vallée de l’Ain, terminant ainsi son parcours à travers la Petite Montagne.
On traverse le village et on se dirige vers l’Ain. Encore un bon bain pour Oscar. Traversant la rivière sur un pont routier, on retrouve à 17h10 sur l’autre rive Viviane venue nous rechercher.

*****

Dimanche 9 avril 2000 : Vallée de l’Ain – Moirans-en- Montagne.

Départ avec Oscar depuis le pont sur l’Ain, à 10h, sous un ciel gris.
Le GR 9 pénètre dans le parc naturel régional du Haut Jura. Le sentier longe la rive gauche de la rivière, monte vers un plateau marécageux et, bordé d’arbres et de buissons, rejoint dans les prés le village de Vouglans. On traverse la localité pour se diriger par une petite route vers le barrage de Vouglans.
Construit sur l’Ain de 1963 à 1968, il retient un lac artificiel de 35 km de long occupant 1600 ha, troisième retenue de France.
On y rencontre le GRP Tour du lac de Vouglans. Les deux GR longent la rive gauche du lac par une route forestière empierrée en surplomb puis montent à travers bois par une pente assez forte. Ils rejoignent une route forestière à 632 m et se séparent.
Le GR 9 emprunte un chemin d’exploitation et rejoint après quelques vallonnements la route forestière à la Grange Neuve. Un sentier dans les buis traverse le Murgin et monte à la route de la Refraîche, près de la grange Marleille. Nouvelle rencontre du GRP.
Nous empruntons alors un sentier qui bientôt débouche entre des haies, dans un pré, contre la rocade de Moirans. On la traverse par un tunnel sous la route. Un chemin de terre nous amène près d’un cimetière à l’entrée de Moirans-en-Montagne. C’est la capitale française du jouet, située sur un plateau central du « pays des lacs ». On y retrouve Viviane à 13h30.

Nous rentrons alors à Saint-Claude où nous habitons depuis le début du mois.

*****

Dimanche 16 avril 2000 : Moirans-en-Montagne – Ravilloles.

A 9h30, je quitte Moirans-en-Montagne avec Oscar.
Nous rencontrons le GRP Tour de la Région des lacs. Après avoir traversé la route départementale qui se dirige vers Les Crozets, nous empruntons un sentier très raide qui part dans le bois à l’assaut d’un crêt longitudinal. Un chamois s’élance par-dessus le sentier, s’éloigne dans les rochers. Oscar réagit avec un peu de retard et exécute quelques allers et retours excités, en vain !
On arrive sur la route forestière des Combettes, au lieu-dit les Communs, où Oscar s’était fait agresser l’an dernier par un briard noir, alors que nous parcourions le GR de pays. On est sur l’ancienne voie du tacot qui reliait Lons à Saint-Claude.
A 100 mètres de là, le Pont des Arches est l’un des plus importants sites archéologiques de France. Je me dirige vers le site, grillagé. C’est un sanctuaire de la Séquanie romaine. Il abrite les vestiges  de temples gallo-romains ainsi qu’un véritable complexe balnéaire relié au lac d’Antre.
Je reviens à la ferme. On entend aboyer le chien, toujours là !
On prend alors à l’est un chemin qui traverse le ruisseau d’Héria, monte en forêt, coupe une route forestière. Et on la suit jusqu’au lac d’Antre : dans une combe entourée de forêts, les eaux mystérieuses du lac sont surplombées par une roche noire, site sonore intéressant et lieu de nichage du faucon pèlerin. Il porte le nom d’une antique cité celte qui a disparu totalement.
Nous contournons le lac par le nord. Le GR 9 et le GRP quittent le fond de la combe et s’élèvent dans la forêt sur un bon chemin forestier sans grand dénivelé. On atteint une ferme, la Grande Maison, dans des prairies à 840 m : paysage de tourbières et pâtures défrichées. On poursuit jusqu’à une intersection avec une route goudronnée au sud du hameau Sur Montmain. Se séparant du GRP de la Région des lacs, le GR 9 descend en pente raide vers Ravilloles
Nous y avons rendez-vous à 12h30 avec Viviane, venue nous rechercher.

*****

Dimanche 23 avril 2000 : Ravilloles – La Rixouse.

Départ de Ravilloles avec Oscar à 9h15.
Cette portion du GR 9 jusqu’à la vallée de la Bienne va m’être impartie comme secteur de balisage à partir du mois prochain : collaboration entre la Fédération Française de Randonnée Pédestre et le parc naturel régional du Haut Jura.
Le sentier se dirige vers le lac de Ravilloles qu’il contourne. Il monte par un chemin raide et rejoint la D118. Le balisage est actuellement malmené par des travaux. Nous grimpons alors la côte de Vichaumois jusqu’au hameau éponyme. Suivant la même orientation, nous continuons dans la forêt. Après une montée régulière, on débouche dans des prairies : vue sur les hautes chaînes du Jura qui étirent leurs plis parallèles en un paysage grandiose.
A partir du hameau Sur la Côte, on commence à descendre dans la vallée de la Bienne, long sillon qui entaille le socle jurassien en une profonde tranchée. Nous sommes sur un ancien parcours de moutons, versant sec où la végétation buissonnante pousse sur un sol aride. Escaladant un portillon qui empêche le passage des bêtes, on va suivre un large chemin empierré qui chemine sans dénivelé sur le versant. Je reconnais l’endroit où Viviane et moi avions dormi le 24 mai 1997 lorsque je parcourais le GR 559.
Le chemin rejoint la route de Saint-Claude à Saint-Laurent (que j’emprunte tous les jours depuis le début du mois pour aller travailler à Saint-Laurent). On arrive au village de La Rixouse à midi.

Nous allons attendre sous la pluie pendant une heure que Viviane vienne nous chercher, suite à une panne de voiture.

*****

Lundi 24 avril 2000 : La Rixouse – Rosset.

Le lendemain : lundi de Pâques.
Navette avec deux voitures : Viviane nous laisse à La Rixouse pour 15h15.

Je traverse La Rixouse avec Oscar. Le sentier poursuit sa descente vers la Bienne, dans les prés, évitant Villard-sur-Bienne que l’on contourne par le sud. On franchit la voie ferrée Andelot – la Cluse à un passage à niveau isolé, et l’on plonge sous les falaises qui enserrent la Bienne. On traverse la rivière tumultueuse sur un petit pont de pierre, le pont de Longchaumois.
C’est ici que se terminera mon futur secteur de balisage.
Le GR va maintenant remonter l’autre versant sur les flancs des monts de Bienne, vers les hautes chaînes du Jura plissé : chemin raide sous forêt, avec un balisage peu fiable.
Nous débouchons sur un plateau et  poursuivons à travers les pâtures jusqu’au ruisseau de la Gire, pour entrer dans Longchaumois (900 m), ville natale du héros franc-comtois Lacuzon qui lutta contre le rattachement de la Franche-Comté à la France.
Des pelouses sèches aux tourbières et aux lacs, des haies de buis aux bois de résonance, d’une flore méditerranéenne aux espèces arctiques, le Haut Jura présente une nature riche et contrastée. C’est aussi, depuis les défrichements du Moyen Age, une montagne habitée où se sont développées les activités artisanales et industrielles.
L’altitude augmente. Le GR 9 chemine dans les prairies en fleurs sous un soleil printanier, coupant ou empruntant plusieurs fois une route départementale. Sur le trajet, il passe à côté d’une habitation dont le toit est couvert de végétation isolante. Après la ferme de Tavaillonnette, il continue jusqu’à Rosset (1020 m), petite station de ski.
C’est là qu’on retrouve Viviane à 18h30.

*****

Dimanche 30 avril 2000 : Rosset – Prémanon.

De retour à Rosset où Viviane me dépose, je marche avec Oscar à partir de 16h15.
Après la dernière ferme, nous montons à travers une pâture puis entrons en forêt. Nous nous dirigeons à tort vers les fermes de Ripaille, dans une grande prairie. Nous faisons demi-tour pour cheminer sur la lisière.
Nouveau parcours forestier. On atteint l’altitude de 1129 m. Apercevant des plaques de neige, Oscar se précipite pour s’y rouler avec plaisir. Le chemin en pierre pénètre encore en forêt et, partiellement enneigé, passe vers des chalets abandonnés, se dirige vers le mont Fier. Au pied du mont, il quitte provisoirement le parc naturel régional et descend dans une clairière humide vers le fond de la combe du Mont Fier. L’eau stagne dans la prairie rendue glissante, la descente est délicate.
On rejoint un chemin revêtu qui mène à Prémanon, station touristique d’été et d’hiver. Partout dans la prairie fleurit le crocus, et dans les endroits humides la caltha des marais.
Viviane arrive à notre rencontre avec le Trafic à 18h30.

Nous envisageons alors de chercher un endroit pour la nuit. Nous allons nous installer dans un camping-caravaneige, à l’entrée de la combe de Lamoura, près de l’école nationale de ski des Jacobeys. 

Lundi 1er mai 2000 : Prémanon – chalet de la Frasse

A 9h15, je repars de la station ensoleillée de Prémanon, toujours avec Oscar.
On suit la route dans les prairies jusqu’à Prémanon d’Amont. On descend alors en forêt pour traverser le bief de la Chaille. Sur le trajet, une passerelle a été emportée par la neige ou les eaux.
Le GR 9 rejoint après une brève montée le GR 5 (sentier Mer du Nord – Méditerranée) à l’auberge de jeunesse du Bief de la Chaille. Dans une pelouse d’altitude, les GR traversent  le ruisseau devant des fermes et remontent jusqu’au refuge de la Grenotte. Ils atteignent la D29. Le GR 5 monte vers La Cure et la frontière franco-suisse. Le GR 9, lui, se dirige sur une route en face, bifurque dans une pâture, passe une clôture et monte une piste de ski raide et sans intérêt. Se faisant, il quitte l’orientation générale  ouest – est qu’il suivait depuis son origine et s’oriente maintenant vers le sud, dans le sens des crêtes de la haute chaîne.

La neige fait peu à peu son apparition sur la piste. Nous débouchons à l’arrivée du téléski des Tuffes. Nous poursuivons sur une lisière qui longe la cassure marquant l’extrémité nord de la forêt du Massacre. Le GR arrive alors au belvédère des Tuffes puis au belvédère des Dappes (1400 m) : panorama sur la haute chaîne et le dôme de la Dôle. Le site est complètement enneigé. Oscar se glisse derrière la palissade du belvédère, le long du précipice. Affolé, il ne sait plus s’en sortir. Je le crochète avec la laisse et le hisse de l’autre côté.
La forêt du Massacre doit son nom au massacre de mercenaires français par les soldats du duc de Savoie en 1535. Par son altitude, la forêt du Massacre est la plus enneigée du massif jurassien. La hauteur maxi avoisine régulièrement les trois mètres de neige chaque hiver. La durée d’enneigement est également remarquable.
Il y a encore aujourd’hui une forte épaisseur de neige. Une neige où l’on marche avec difficulté, les chaussures s’enfonçant brusquement sous la première couche gelée. Je n’avais pas prévu cela, omettant d’emporter avec moi mes raquettes.
Le GR s’enfonce sous forêt, traverse une clairière allongée et arrive dans une combe déboisée. Là où la neige a fondu poussent des crocus et des nivéoles. Le sentier rejoint la route forestière des Tuffes à proximité d’une cabane, le chalet des Tuffes. Il va maintenant cheminer parallèlement à la route. Il y a de plus en plus de neige : Oscar peine, s’enfonçant par endroits jusqu’au ventre. On croise des promeneurs en raquettes, plus prévoyants que moi !
Nous pénétrons à nouveau dans le parc naturel régional. On va marcher sur la route forestière enneigée pendant presque deux kilomètres jusqu’à la croisée Pierre de la Baume. De là on rejoint le carrefour de la Frasse puis une clairière où se situe le chalet de la Frasse (1290 m).
C’est là que nous avions rendez-vous avec Viviane, mais la route est impraticable.

On descend alors sur la petite route partiellement enneigée qui nous mène dans la combe de Lamoura. On retrouve Viviane qui nous attend sur la D25, à 13h40.
Nous mangeons sur place dans la nature, à l’intérieur du Trafic, avant de rentrer à St-Claude.

*****

Dimanche 23 juillet 2000 : Chalet de la Frasse – le Chalet Vert.

Aujourd’hui, c’est avec ma fille Caroline (23 ans), venue en vacances, que je vais marcher sur le GR 9.
Le chalet de la Frasse est notre point de départ, dans une clairière à la végétation exubérante d’un mois de juillet.
A 10h20, nous montons en forêt vers le carrefour des Auvernes. Puis le GR gravit le flanc nord du crêt Pela. On arrive au sommet (1495 m), envahi par la forêt qui a repris ses droits. C’est le point culminant du département du Jura et de la Franche-Comté.
Nous nous reposons un instant à la borne sommitale. Des promeneurs nous rejoignent avec des chiens. Du sommet nous descendons vers le sud-est. On trouve des lis martagons qui poussent dans le sous-bois. On croise une dame qui a cueilli une de ces fleurs rares : il y a encore du travail de sensibilisation à faire !
Forte descente ensuite pour rejoindre la route forestière des Forêts Monts (1370 m) qui traverse la forêt du Massacre. Les grandes gentianes sont en fleurs dans les prés-bois.



Le pré-bois est la forme d’occupation du sol la plus connue du Jura. Les fonds de vals ont été déboisés par l’homme et mis en prairies, les pâturages ont été gagnés aux dépens des hêtraies d’altitude et des hêtraies-sapinières. Un peu partout subsistent des bouquets d’arbres de petite taille. Impression d’harmonie renforcée par le cadre sombre des forêts et les fermes à larges toits…
Le GR quitte la route et descend vers le chalet de la Combe à la Chèvre. Il traverse des pâtures où estivent des troupeaux, et il monte par un sentier herbeux. On va maintenant suivre une très jolie combe longitudinale, majestueuse, à l’image des hautes combes jurassiennes.



Nous arrivons dans les pâturages de la Regarde. Le temps se couvre. Après la ferme, on continue en fond de combe et on atteint le Chalet Vert, hangar agricole au bord de la route forestière. La pluie commence à tomber lorsque nous arrivons au chalet. Escaladant les barbelés, Caroline et moi, nous  nous réfugions sous l’auvent du toit pour sortir le casse-croûte. La pluie s’arrête un peu plus tard, nous permettant de continuer.

Par d’autres sentiers, nous montons au nord vers le crêt surplombant la combe. Nous rejoignons la variante GR 9B qui nous ramène, sous un soleil réapparu, à notre point de départ. Nous buvons un pot au chalet de la Frasse avant de rentrer.

*****

Jeudi 7 septembre 2000 : Le Chalet Vert.

A 17h30, arrivés en Trafic, Viviane et moi nous installons avec Oscar auprès du Chalet Vert. Nous y passons la soirée et la nuit à côté des troupeaux en pâture.